Opéraslam Aimez-vous Bach ?

de Julien Joubert

Opéra pour enfants interprété par la chorale Equinox et revisité avec des projections réalisées par les interprètes, les slams de Camille Pier et le clavecin de Željko Manic !


co-production music chapel, chorales equinox et ferme du biéreau

Représentation le 4 décembre 2021 au Studio 4 de Flagey, bruxelles

Festival « De Bach à Mendelssohn ».

TEASER

 

Distribution

Equinox Choir

Zeno Popescu, chef de chœur

Mélanie Rihoux, cheffe de chœur assistante

Camille Pier, slam

Željko Manic, clavecin

Noemi Biro, piano

Géraldine Fastré, clarinette

Bruno Ricci, basson

Elsa de Lacerda, violon

Ari Evan, violoncelle

Adrien Tyberghein, contrebasse

 

Claire Pasquier, direction artistique et mise en scène

Adrien Rigal, lumière & scénographie

Benoît Pelé, mise en son

La poésie performée : réinventer Aimez-vous Bach ? dans l’esprit de Julien Joubert

 

Julien Joubert est un compositeur qui se définit comme inclassable. De la comédie musicale à l’opéra en passant par la musique symphonique, la musique de chambre, le ballet, la musique de théâtre ou de cinéma, Julien Joubert n’en finit pas d’explorer toute forme de composition, dont des opéras pour chœur d’enfants ou de jeunes . 

Violoncelliste et pianiste, chanteur à ses heures, Julien Joubert est passionné par toutes les musiques : de celle qui semble la plus complexe à la musique légère. Ses mots d’ordre : culture, audace, émotion, accessibilité. En véritable artiste/artisan, Julien Joubert invente, expérimente et compose sans cesse avec un souci constant des publics. De tout type de public et tout type de participants (professionnels, amateurs, adultes, enfants, adolescents…).

Dans la lignée de la version proposée par radio france, nous souhaiterions conserver l’orchestration de Clément Joubert, en invitant des instrumentistes d’excellence issus de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth ou du Koninklijk Conservatorium de Bruxelles à accompagner les chorales Equinox. 

Dans le cadre de la narration en vignettes mise en œuvre à travers les tableaux vivants, nous aimerions proposer une version d’Aimez-vous Bach ? qui repense les parties parlées en les intégrant pleinement au déroulé rythmique et musical de l'œuvre. 

Au lieu d'alterner parties orchestre-chant/et partie parlées, l’idée est de créer un flux unique en proposant l’interprétation des textes à un.e slameur.se, afin de rythmer la diction en allant chercher un phrasé proche du slam. Dans la volonté d’inscrire pleinement le projet dans son contexte Bruxellois, plusieurs artistes d'excellence basés dans la capitale belge nous invitent à faire de la place à ce style, vecteur d’appropriation des espaces de paroles publics.

L’image performée : le tableau vivant comme dispositif scénique simple et hypnotique

 

Le tableau vivant est un genre et un dispositif dont la présentation soulève, entre autres, des enjeux théâtraux, narratifs, spatiaux, picturaux et temporels. Sa pratique artistique récente entre en dialogue avec les autres formes d’appropriation, qui sont particulièrement populaires en art contemporain et dans d’autres champs artistiques et culturels, comme le re-enactement, la reconstitution, le remake, la citation. Situé au carrefour des langages, pétri d’usages à toutes les époques, le tableau vivant est donc l’outil idéal pour “mettre en œuvre" une proposition pluridisciplinaire, où chaque spectateur et performeur trouvera un univers de référence par lequel “entrer” dans l'œuvre.  

 

L’immobilité comme geste collectif

Ce qui le différencie des autres formes de reprise est son emploi de l’immobilité, qui soulève un ensemble de questions spécifiques. L’immobilité est un geste politique fort, et s’inscrit d’autant plus fortement dans un contexte musical où le temps s’écoule au fil des notes. L’immobilité est à la fois contemplation, résistance, suspension. C’est l’espace où un groupe de corps peut exister autrement, où des liens se tissent entre les êtres à travers un temps partagé et suspendu, pour créer un univers pictural collectif. C’est une traduction corporelle de l’acte de chanter en chœur.

Le silence et la respiration dialoguent avec le son comme la composition picturale éphémère du tableau vivant dialogue avec le mouvement des instrumentistes et les déplacements d’un tableau vivant à l’autre. Le mouvement scande alors le déroulé de l’action, laissant le temps s’écouler à nouveau pour se plonger dans le chant suivant.

 

Le tableau vivant comme narration par vignettes

Le tableau vivant est aussi un outil de narration puissant. Proposant d’épouser et de jouer de la succession de chants de l’ouvrage de Joubert, le tableau vivant permet d’immerger les performeurs (chanteurs et instrumentistes) dans une évocation poétique du fil narratif d’ Aimez-vous Bach ?

Inspiré de la peinture classique et d’images contemporaines, les tableaux vivants permettent d’évoquer les différents cours (histoire, mathématiques) et les sujets abordés (Bach, renommée, programmation), par un dispositif visuel qui immerge les corps dans une image. Passionnant à mettre en œuvre avec les jeunes, les tableaux vivants sont l’occasionà la fois d’incarner un décor et de prendre conscience du dessin collectif qu’un groupe peut offrir au regard, en laissant le choix à chaque personne d’incarner le rôle de son choix.

 

L’immobilité comme écrin pour la musique et les interprètes

C’est aussi une expérience forte pour le public, qui se trouve devant un spectacle hypnotique entre l’immobilité pure et le micro mouvement, ou les respirations des chanteurs et le mouvement de leurs lèvres revêtent un grand pouvoir évocateur.  

Le geste de l’instrumentiste devient un geste chorégraphique fou et puissant qui souligne la musique et fonctionne comme un contrepoint à l’image fixe proposée par les corps des chanteurs. 

Le passage d’une image à l’autre devient un événement scénique en soi, qui accompagne le déroulement de l’action et du temps, en s’emparant pleinement de ses cycles et ellipses pour rythmer le déroulement du spectacle et du récit.

 

Un parcours pédagogique et une co-création

Le travail autour des tableaux vivants permet de mettre en place un dispositif simple à appréhender pour les performeurs : une suite d’une dizaine d’images est composée avec les performeurs, mémorisée, puis incarnée dans l’espace. Nous pouvons donc parier sur un rendu d’une grande qualité, avec un dispositif qui met en valeur les artistes sans les contraindre avec trop de sollicitations corporelles lors de la représentation.

La création des images peut être co-construite avec les chanteurs et instrumentistes. Ainsi, à partir d’un dialogue sur des peintures classiques, des photographies d’art, des images de presse, des créations graphiques, une réflexion peut être engagée pour l'élaboration d’un imaginaire commun et d’une création collective. La narration proposée par l'œuvre est alors enrichie par la vision du groupe qui peut s’exprimer individuellement (choix du rôle individuel dans l’image) et collectivement (création d’un récit visuel commun).